La mauvaise mère ! (3ième partie)

 

Pour alimenter le sens des réalités de mes deux patients, et ouvrir l’imagination du jeune homme, j’avais préparé une seconde hypnose.

Après les avoir induits dans un état de transe suffisamment profonde pour contourner les éventuelles résistances, j’abordai mon récit.

L’histoire de la petite canette.

Je vais vous raconter l’histoire d’un petit objet, un objet banal qui vous est familier, et son histoire ressemble à celle de milliers d’objets. Je vais vous raconter l’histoire d’une canette de Coca-Cola. Car avant qu’elle n’arrive sur votre table, avant que vous n’ayez l’occasion de l’ouvrir la canette de coca a fait un long périple, elle a commencé une partie de sa vie au fond d’une mine où les hommes extrayaient des minerais de métaux puis elle a entrepris un voyage sur un camion qui l’a emmené vers une fonderie. Mais ce camion lui-même avait toute une longue histoire, il avait requis des minerais, des métaux et des caoutchoucs, des matières synthétiques et des ingénieurs qui l’avaient imaginé. Ce camion avait donc toute une histoire avant de transporter le métal de la petite canette vers la fonderie. La fonderie était une grande usine où des dizaines d’hommes travaillaient autour de hauts-fourneaux où la chaleur intense permettait de séparer le métal du minerai. Ce métal allait ensuite être acheminé vers un laminoir. Une sorte d’énorme presse où il allait être écrasé et transformé en de grandes et minces plaques. Certes, toutes ces plaques n’étaient pas destinées à devenir des petites canettes de Coca-Cola. Certaines, par le travail des hommes, deviendraient des couverts, des casseroles, des poêles, des pièces automobiles, ou des fers à repasser. Le métal de la future canette fut acheminé vers une usine bien particulière où l’on fabriquait des canettes. Sans doute, dans cette usine les ouvriers fabriquaient aussi des canettes pour toutes sortes d’autres produits que le Coca-Cola, pour une multitude de boissons, qui bien fraîches, désaltèreraient des centaines de personnes. La petite canette qui nous intéresse allait encore subir bien des transformations. Elle allait recevoir son lettrage et ses couleurs. Mais cela aussi mobilisait des centaines d’hommes dans de nombreuses usines. Car il y a des ingénieurs et des techniciens qui créent toutes sortes de colorants. Et parmi eux il y a ceux qui créaient les couleurs qui peuvent s’appliquer sur le métal. Et il faut à nouveau des transporteurs et des camions et peut-être des trains pour mener les couleurs là où se fabrique la petite canette. Pour trouver son look, si particulier, beaucoup de graphistes avaient fait différents projets, ceux-ci avaient été étudiés, comparés, avant que ne soit retenu le graphisme de la petite canette particulière qui nous intéresse. Après de nombreux essais et la réalisation de nombreuses maquettes, enfin, la matrice capable d’imprimer parfaitement le design imaginé pour cette canette a pu être multipliée. Les encres spécifiques ont été fabriquées dans de nombreuses entreprises et enfin on a pu bâtir les usines dans plusieurs points du monde où serait fabriquée la fameuse canette.

Mais pour que cette petite canette existe vraiment, il fallait encore quelque chose à mettre dedans et donc pour cela il fallait de nombreux agriculteurs cultivant, parmi d’autres espèces, les plantes particulières de la recette de ce Coca-Cola. Et à nouveau, il a fallu, non seulement des camions, mais probablement aussi des bateaux, pour acheminer ces produits agricoles vers les entreprises qui rempliraient les canettes et les sertiraient de manière à ce que leur contenu ne s’échappe pas. Mais, quand elle est arrivée au bout de la chaîne, remplie, fermée, prête à l’emploi, la petite canette n’a pas encore tout à fait terminé son périple. Elle va encore passer par de multiples mains, pour être emballée et acheminée à travers un grand réseau de distribution, vers des supermarchés, des tavernes, des distributeurs, avant d’arriver enfin dans ton frigo ou sur ta table.

Pour que cette petite canette te soit offerte quand tu rentres de l’école, quand tu termines ton entraînement sportif, et que sa fraîcheur te désaltère, il aura fallu les efforts combinés et le travail de centaines de milliers d’hommes autour de ce modeste projet.

Et cette histoire est celle aussi de tes jeans, de tes baskets, de ton Smartphone, de ton ordinateur, de ta console de jeux.

Oui tous ces objets familiers, qu’il te paraît normal de posséder, sont les produits du travail et des efforts combinés de milliers d’êtres humains.

Et dans cette grande organisation de collaboration, à laquelle participe presque toute l’humanité, il y a certainement, si tu cherches, une place, une activité, ou tu pourrais trouver un travail qui te plaise et un avenir heureux. 

 

 

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