Laissez-vous toucher par une perception empathique de l’attachement!

Vous pouvez ouvrir votre cœur et vous laisser toucher par l’attachement d’une manière sensible et pleine d’empathie. Je vous propose plusieurs films, ils sont en anglais, mais il y a des sous titres en anglais que vous pouvez faire apparaître en cliquant sur la barre de défilement et vous trouverez là un petit rectangle qui déclenche les sous titres. Souvent les images suffisent, sinon j’ajoute des explications

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La connexion entre la mère et l’enfant.

Beaucoup de gens s’imaginent que l’apprentissage intellectuel comme la lecture, la capacité de compter, est séparée de l’apprentissage émotionnelle et sociale, mais ce n’est pas le cas l’émotion est cruciale pour apprendre.

Depuis le moment de la naissance, les bébés sentent que la lumière est brillante, que le toucher des parents est doux. Immédiatement ils attachent de la valeur à ses sensations en fonction de la réaction émotionnelle agréable ou pas. On pense que dans cette connexion émotionnelle, le cerveau du bébé apprend quelque chose à propos de l’organisation du monde et même, les chercheurs ont découvert que la connexion avec les personnes est ce qui fait la différence. Les enfants apprennent par l’intermédiaire de leur « caregiver » principal. C’est-à-dire, la personne qui leur donne des soins et qui est le plus souvent la mère. Et nous, les adultes nous somment programmés pour leur apprendre.

Pour vous préparer voici un film, il s’agit à nouveau d’un test mis au point par le Docteur Tronicks : « Still Face Paradigm » il montre la joie du bébé quand il est en connexion avec sa mère et sa tristesse puis son désespoir quand surgit la déconnexion. C’est fascinant !

Le docteur Edward Tronick montre que nous apprenons en même temps, dans les mêmes expériences, des connaissances intellectuelles comme lire et des connaissances émotionnelles et sociales. L’émotion est cruciale pour apprendre. Un bébé apprend des sensations dès le moment de sa naissance. Quand ils sont touchés par leurs parents avec douceur, les bébés perçoivent et donnent de la valeur à leurs sensations. Ils ont des réactions émotionnelles. Et par contre un son aigu et strident les blesse et ils apprennent une autre sensation. Le cerveau du bébé apprend et organise le monde par l’intermédiaire de leur « donneur de soins » principal. Ce film vous fait découvrir combien cette connexion sociale est importante. Mon propos est essentiellement de vous montrer le profond besoin d’attachement des bébés !

Vous verrez plusieurs bébés bien connectés avec leur mère et puis troublés dès qu’elle rompt la connexion en faisant un visage impassible. Vous verrez combien ces bébés essaient de récupérer l’attention maternelle. Quand ils échouent, ils deviennent émotionnellement très agités et pour finir ils abandonnent. Quand la mère se connecte de nouveau, l’enfant, après un court moment de détresse, reprend le contact. En grandissant les enfants acceptent de mieux en mieux les ruptures dans la connexion. Ils apprennent que celles-ci arrivent souvent et peuvent exister dans une bonne relation. Petit à petit, les bébés apprennent à supporter ces moments de déconnexion et comprennent qu’une nouvelle connexion va survenir. Lors d’une déconnexion de la part de la mère, ce film nous montre, que le bébé va essayer d’attirer son attention  en souriant, en remuant et s’il n’obtient pas ce qu’il souhaite il va devenir agité inconfortable et finalement il va abandonner, devenir amorphe et triste. Et il vit un sentiment d’abandon.

Les enfants sont résiliants car ils vivent ces ruptures de connexion régulièrement, c’est normal, dur mais positif et il va apprendre à se reconnecter, si tant est que le donneur de soins s’y prête. Le bébé alors créé quelque chose de nouveau, il apprend, il grandit.

 

Le besoin d’attachement.
John Bowlby avait mis en évidence cinq capacités innées du bébé : la succion, la capacité  de s’accrocher, de pleurer, de sourire et de suivre du regard.

Quand un bébé arrive au monde, il est seulement capable de sucer et de s’accrocher. La succion est évidemment vitale puisqu’elle lui permet de se nourrir. S’agripper est sa manière de se réconforter. Rappelez-vous des jeunes macaques d’Harry Harlow (ici) qui vont se réconforter sur le leurre revêtu de douceur. Mais, pour obtenir cette présence bienfaitrice et réconfortante, il lui faut attirer l’attention de quelqu’un : son moyen c’est les pleurs.

Imaginez-vous à l’hôpital, complètement immobilisé sur votre lit, ou tétraplégique, votre seul lien avec les pourvoyeurs de soins, c’est votre sonnette. Si vous avez froid, si vous avez soif, si vous souffrez, vous pouvez sonner, mais si personne ne vient et que le temps s’écoule, vous allez commencer à avoir peur ou à être en colère. Imaginez ce que deviendrait votre peur, si, comme un bébé, vous n’aviez pas de repère pour mesurer le temps qui s’écoule, vous seriez terriblement angoissé car vous ne sauriez plus si quelqu’un va venir vous aider ou si vous êtes abandonnés à jamais.

Qu’il ait faim, qu’il ait froid, qu’il ait trop chaud, qu’il souffre, qu’il ait peur, le bébé n’a qu’un seul recours, c’est de pleurer ! Que sa mère ou son donneur de soins tarde à venir, augmente sa peur jusqu’au désespoir et à la colère. C’est pourquoi la réponse rapide et adéquate est rassurante.

Retournons à vous, paraplégique, l’arrivée rapide et l’aide adéquate vont vous soulager et la compréhension qu’on a pour votre situation, vous réconforter. Vous ne vous sentez plus seul au monde et abandonné.

L’attachement sécurisant.

De même, pour le bébé, la réponse rapide et adéquate lui permet d’apprendre qu’il estimportant, aimable et entouré de compréhension. L’attachement crée un lien de réciprocité entre l’enfant et sa figure d’attachement, sa mère le plus souvent. Le bébé aura des comportements qui favorisent et consolident ce lien : le sourire et le regard. Un parent suffisamment bon et disponible d’une manière assez constante sera perçu comme fiable. Sur une telle base, l’enfant pourra se considérer comme aimable et méritant de l’affection. Il aura plus d’audace pour explorer son environnement et dans les relations avec ses pairs. Il aura donc aussi une meilleure estime de soi. Vous reconnaissez ici l’attachement sécurisant.

Je vous propose ici un film qui vous permettra de découvrir en même temps le fameux test mis au point par Mary Ainsworth : « L’Expérience de la Situation Etrange » et la réaction à ce test d’un enfant qui a un attachement sécurisant.

On voit que l’enfant se sent en sécurité quand sa mère est là et explore volontiers la pièce et les jouets. Quand une personne étrangère entre, l’enfant s’approche de sa mère ce qui le rassure et assez rapidement il a un contact et joue avec l’étrangère. Mais quand sa mère s’en va, l’enfant manifeste de la détresse et il faut un temps assez long avant que l’étrangère puisse la consoler.  Au retour de sa mère, l’enfant se précipite vers elle, les bras tendus, pour être réconforté. Et puis, il s’intéresse à nouveau aux jouets et s’aperçoit à peine que l’étrangère s’en va. Mais, quand il est laissé tout seul, il exprime, de nouveau, beaucoup de désespoir et se désintéresse des jouets Il n’est à nouveau consolé et serein que quand sa mère revient et la prend dans ses bras.

L’attachement anxieux-évitant.

Mais si les pleurs et les demandes des enfants ne reçoivent qu’une réponse tardive, indifférente, voire agressive, il aura du mal à sourire et séduire sa mère. Il apprendra que montrer sa détresse peut avoir des conséquences négatives. Il ne fera pas confiance à son parent et ne pourra pas construire aussi solidement une idée de lui-même comme d’un être aimable qui mérite de l’affection. Il évolue ici vers un attachement anxieux-évitant. C’est un enfant qui fait preuve de beaucoup de ressources et d’une remarquable capacité à gérer ses émotions et n’est donc pas beaucoup plus susceptible de conduites agressives que l’enfant sécurisé. Je vous propose un autre film qui illustre l’attitude d’un enfant anxieux-évitant. Il s’agit encore d’un film en anglais. Il s’agit exactement du même test, mais l’enfant ne montre aucune émotion. Il n’en montre aucune, mais des tests cliniques révèleraient qu’il en vit beaucoup.

25 % des enfants présentent ce type d’attachement. Je voudrais attirer votre attention sur l’extraordinaire prouesse. Les enfants testés ont un an et les anxieux-évitant, ont déjà mis au point une stratégie pour « survivre malgré tout ». C’est comme s’ils se disaient, puisque mes cris et mes pleurs ne me valent pas d’attention et parfois une attitude hostile, je ne manifeste plus rien et je me débrouille tout seul. Cette attitude demande un très grand contrôle de ses émotions et particulièrement de la colère. Car évidemment il souffre, et la souffrance nous donne de la colère contre la source de cette souffrance.

Beaucoup de mes patients, bien qu’ils ne s’en souviennent pas et ne peuvent donc rien me raconter, me paraissent, intuitivement, des anxieux-évitant. Et j’ai beaucoup d’admiration et de tendresse pour eux, car ils ont traversé bien des épreuves dans la solitude, en « prenant sur soi » comme ils disent, en évitant les gouffres de l’alcool, de la drogue, de la délinquance et de la violence. Je vous parlerai d’eux dans des prochains articles

L’attachement anxieux-résistant.

Dans une même situation, l’enfant peut aussi continuer à montrer sa détresse mais en étant en même temps en quête de réconfort et en révolte contre le parent. Il évolue donc vers un attachement anxieux-résistant.

Et voici encore un film qui nous montre le même test qui révèle, cette fois-ci, un enfant anxieux-résistant. On perçoit ici une certaine froideur chez la mère. L’enfant semble presque mieux réconforté par l’étrangère que par sa mère. Il pleure quand sa mère part mais il pleure aussi quand elle revient. Il ne se blottit pas dans ses bras, mais au contraire la repousse un peu. Manifestement il ne contrôle pas aussi bien ses émotions que l’anxieux-évitant. Il ne contrôle pas sa colère et c’est un enfant qui peut plus facilement adopter des conduites violentes.

 

L’attachement insécurisant désorganisé.

Si les réactions du parent sont incohérentes, que les pleurs et les demandes sont tantôt accueillis avec enthousiasme et tantôt avec colère, le bébé ne pourra pas apprendre comment s’ajuster pour obtenir la satisfaction de ses besoins, ni se vivre comme méritant de l’amour et de l’affection. L’enfant sera confus, craintif, il n’aura pas de stratégie fixée en vue de combler ses besoins. On range ces enfants dans une catégorie nouvelle : attachement insécurisant désorganisé.

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