L’EMDR et l’hypnose guérissent les patients!!

L’EMDR et l’hypnose guérissent les patients en leur rendant une vision d’eux-mêmes et de leurs rapports aux autres plus saine, plus réaliste, plus fonctionnelle et surtout plus confortable. Comme le médecin guérit son malade en restaurant son état de santé.

Nicole était une jeune femme de plus ou moins 35 ans.

À la première séance elle était arrivée très précisément à l’heure et avait appuyé sur la sonnette d’un coup très bref, à peine audible. Je suis presque certaine, qu’elle a attendu que sa montre indique précisément l’heure du rendez-vous pour se manifester. Un jour, j’ai demandé à un patient, également , ponctuel, de me dire comment il arrivait à être toujours aussi précisément à l’l’heure, et il m’a avoué qu’il n’appuyait sur le bouton de la sonnette qu’après que l’église ait terminé son cinquième coup de cloche.

Elle avait un teint clair, des yeux bleus et une chevelure blonde qui lui tombait sur les épaules. Elle s’assit d’une manière un peu raide,crispée, sur le bord du fauteuil, . Son ton était sourd et son débit précipité. Et elle passait nerveusement ses mains l’une sur l’autre.

Pour détendre un peu l’atmosphère, je lui demandai son nom, son âge, son adresse et son numéro de téléphone. Je lui expliquai ma manière de travailler pour lui donner un peu de temps pour se calmer et reprendre son souffle.

Et je lui demandai ce qui l’amenait et ce qu’elle attendait de cette thérapie.

D’une voix un peu plus calme, elle m’expliqua qu’elle avait peur de tout, tout le temps. Elle se sentait perpétuellement stressée, tendue, anxieuse. Mais, sa crainte la plus grande était de ne pas bien accomplir son travail et de perdre son emploi.

Elle redoutait aussi d’écraser quelqu’un en voiture, d’oublier d’éteindre le gaz ou la cafetière électrique ou de mal fermer sa porte et d’être responsable d’une catastrophe.

Il fallait qu’elle vérifie chacun de ces gestes et il lui arrivait, quand elle était sur le point de partir, déjà dans sa voiture, de ressortir et de faire le tour de sa maison et de partir en fermant ouvrant et en fermant à nouveau  la porte.

Sur son trajet, elle percevait le long de la route des formes fugitives qui disparaissaient derrière elle. Parfois, elle avait si peur d’avoir écrasé quelqu’un, qu’elle faisait demi-tour et retournait vérifier avant de reprendre son chemin vers le travail.

Elle s’occupait de comptabilité dans une moyenne entreprise où elles partageaient cette responsabilité avec quatre ou cinq autres personnes. Le chef du service lui reprochait  d’être trop lente. Elle travaillait le mieux possible, s’interrompait à peine pour prendre un café ou son repas à midi. Souvent elle restait  plus longtemps au bureau, car elle éprouvait un irrépressible besoin de vérifier pour être certaine de ne pas avoir fait d’erreur.

Sur ma demande, elle m’expliqua qu’elle avait un compagnon et deux garçons. Et comme je lui demandais si cela se passait bien entre elle et le père de ses enfants, elle me répondit : « Pas vraiment, j’ai l’image, mais pas le son. » J’appris par la suite de sa conversation qu’elle participait, par son salaire, pour moitié à la construction de leur maison, mais celle-ci était sur un terrain qui lui appartenait à lui, de telle sorte qu’en cas de rupture elle risquait de se retrouver sans le sou et sans toit. Elle m’expliqua aussi que, comme elle ronflait, elle ne dormait que rarement avec lui, mais faisait usage d’un petit lit, à peine assez long pour elle et fort étroit.

Le matin, lui pour son travail se levait très tôt. Elle aurait pu continuer à dormir plus tard, sans que cela ne l’empêcha de prendre le petit déjeuner avec ses enfants, de les conduire à l’école et d’aller à son travail ensuite. Mais quand il se levait, il la réveillait, en lui secouant le genou, afin qu’elle prépare la collation qu’il consommerait le midi.

 Tout cela me paraissait parfaitement sinistre, mais sa principale préoccupation était de ne pas perdre son emploi.

Je m’occupai donc, prioritairement, de rétablir sa confiance en elle-même et, particulièrement, dans sa capacité de faire son travail et ses activités aussi bien que n’importe qui.

C’est un souvenir assez lointain et je ne sais plus très bien comment je m’y suis prise.

Ma première option est toujours de chercher un événement traumatique ancien qui serait à l’origine de cette mauvaise opinion de soi, afin de pouvoir faire un EMDR. Il faut demander à la personne de se souvenir d’un événement récent très perturbant, de bien ressentir les symptômes physiques de l’émotion négative que ce souvenir éveillait, larmes, joues brulantes, gorge serrée, palpitations, estomac noué… Et en employant cette émotion et ces sensations physiques, comme un fil d’Ariane, de remonter dans le temps jusqu’à un événement qui a déclenché la même émotion et les mêmes sensations.

Il arrive parfois que la personne se retrouve avec un amas de souvenirs plus douloureux les uns que les autres mais où aucun ne se détache vraiment. C’est ce que j’appelle « le boudin de malheur ». Dans cette circonstance, je recours souvent à l’hypnose.

Sans avoir de souvenirs précis, ni aucune certitude, il me semble qu’avec Nicole j’ai eu recours à ce procédé si souple et si fructueux. Et ajouterai si agréable, et même ludique, pour le thérapeute qui doit le plus souvent inventer, improviser une histoire ou un texte qui propose des solutions.

C’est une technique un peu plus longue et comme elle ne venait pas toutes les semaines, deux ou trois mois se sont passés pendant lesquelles elle faisait des progrès lents mais réguliers. Elle se sentait plus à l’aise dans son travail. Ces craintes en voiture diminuaient. Et elle commençait à pouvoir quitter sa maison en s’étant simplement assurée que la cuisinière et la machine à café étaient bien éteintes et en fermant simplement, une seule fois, la porte derrière elle.

Un jour au milieu de l’après-midi, un patient ayant terminé je m’attendais à la voir arriver. J’attendais donc, à l’heure précise, son coup de sonnette bref et discret.

Mais, j’entendis un coup de sonnette bien sonore, insistant sans l’être trop. Et je me suis dit : « Tiens, je croyais que c’étais l’heure de Nicole mais cela doit être quelqu’un d’autre et j’ai jeté un coup d’œil sur mon agenda pour constater que c’était bien elle qui avait rendez-vous.

Comme j’ouvrais, je vis que c’étais bien Nicole et en même temps, c’était une autre personne. Elle se tenait droite, assurée et souriante, sa coiffure et son maquillage étaient plus élaborés tout en restant discrets. Sa voix était sonore.

Des changements aussi perceptibles sont assez fréquents après un EMDR. Celui ci opère comme un changement programme qui remplacerait par exemple : « Je suis nulle. » par : «Je suis suffisamment capable.» Mais un renversement aussi radical est moins fréquent avec l’hypnose bien que cela arrive, particulièrement, avec les enfants.

Elle m’expliqua que depuis plusieurs jours, elle se sentait vraiment bien, qu’elle ne se souvenait pas de s’être jamais sentie aussi bien.

Je compris que nous étions très proches de la fin de notre travail et, comme je le fais presque toujours à ce moment-là, je retournai aux premières pages de son dossier et je lui demandai : « Et alors maintenant, vous avez le son et l’image ? » Elle me regarda les yeux un peu écarquillés et je lui lus ce qu’elle m’avait dit le premier jour. Elle était un peu surprise,  comme si elle avait oublié. « Mon Dieu, c’est vrai « murmura t’elle . J’appris dans la foulée que l’atmosphère de la table familiale était bien plus agréable et que toute la famille participait à la conversation.

Elle m’expliqua aussi qu’elle dormait de nouveau dans leur lit commun et que quand il voulait la réveiller, il trouvait un geste plus tendre que de lui secouer le genou.

Mais les changements étaient plus radicaux encore. Il avait été chez le notaire pour mettre la maison et le terrain à leurs deux noms. Et il lui avait déclaré qu’il désirait l’épouser. Ensemble, ils avaient fixé la date de leur prochain mariage.

Nicole à cause de la mauvaise opinion qu’elle avait d’elle-même, s’était éfforçée de s’améliorer, elle était devenue une « perfectionniste » et en faisait trop et les autres, sans même s’en apercevoir, abusaient de la situation.

Nous sommes des animaux territoriaux et ce que les autres nous laissent prendre nous le prenons. Son compagnon n’était pas particulièrement tyrannique, mais comme elle le laissait faire ce qu’il voulait et était toujours prête à lui rendre service, il l’était devenu. Dès qu’elle a repris sa place, il a retrouvé une conduite équitable. 

C’est de la même manière que s’installe la hiérarchie chez les animaux qui vivent en groupe. 

Mais Nicole a eu de la chance, car il y a des prédateurs qui convoitent les perfectionnistes. Ce sont des hommes ou des femmes, bien entendu, qui repèrent, consciemment ou inconsciemment, c’est difficile à dire, un point faible chez l’autre et qui vont l’exploiter pour devenir réellement des tyrans.

Ainsi si quelqu’un craint de ne pas être un employé suffisamment efficace, et si son employeur lui fait quelques critiques légères et ne manifeste jamais de satisfaction, il peut en faire un bourreau de travail, à sa merci. Mais un perfectionniste peut devenir un bourreau de travail, tout seul, spontanément.

C’est en changeant la vision négative qu’elle avait d’elle-même que Nicole a été guérie. 

 

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