Un perfectionniste modèle!

 Pour perfectionner mon anglais, je regarde des film en version anglaise avec les sous titres en anglais. J’ai découvert ainsi un film qui décrit un prototype de perfectionniste. Et j’ai décidé de publier cette histoire car la majorité de mes patients sont des perfectionnistes. Mais, ils ne sont pas assez souvent reconnus, ni donc bien soignés. Je me suis décider de raconter cette histoire en anglais. Cela me faisait un bon exercice et un premier articles pour mon blog en anglais. La description est si parfaite dans ce film que j’ai décidé de publier ici la version française.

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Et dans cet article je vais vous raconter le film. Mais, comme c’est un suspense et que ce serait dommage de le regarder en sachant déjà comment il se termine,  je vous recommande de le voir avant de lire.  Il s’agit de : «  The Edge » en français ; «  A couteaux tirés » tourné sous la direction de Lee Tamahori, interprété par Anthony Hopkins et Alec Baldwin, sur un scénario de David Mamet, dans les studios de la 20th Century Fox. Il est en vente chez Amazon.

 

J’explique d’abord ce qu’est un perfectionniste, et au fil de l’histoire j’attire votre attention sur les actions caractéristiques du perfectionniste en soulignant certains passages et en employant des notes de bas de page.

Les perfectionnistes sont des personnes qui ont un jugement négatif injuste à propos d’elles-mêmes et qui se sentent coupables. Ils souhaitent agir bien, n’avoir rien à se reprocher et essayent d’avoir toujours un comportement correct. Ils sont gentils, prêts à aider et très attentionnés au point de négliger leurs propres intérêts.

Quand ils ont besoin d’aide, souvent ils n’osent pas la demander clairement. En conséquence, ils ne reçoivent aucun soutien et pensent qu’ils ne sont pas assez bons et essayent d’être meilleurs. Il arrive qu’on abuse de leur gentillesse et de leur dévouement.

Malgré leurs efforts, parfois ils jugent qu’ils ne sont pas encore assez bons. Ils se sentent coupables et en danger d’être rejetés. Alors, ils peuvent être pleins d’anxiété et ressentent de la colère. Ce qui les amène à se sentir condamnables.

Les animaux sociaux, dont nous humains faisons partie, ont besoin de se sentir membre du groupe autour d’eux. Durant toute notre histoire,  jusqu’à très récemment, nous avons été incapables de survivre isolés. C’est pourquoi l’excommunication était une terrible condamnation. Pendant la prehistoire, une femme ne peut pas élever seule un enfant jusqu’à ce qu’il soit autonome. Il lui faut un homme, une famille pour l’aider à le nourrir et à le protégé des prédateurs. Être rejeté était être en danger de mort.  Et nous avons gardé profondément en nous cette peur du rejet. Quand nous sommes rejetés, parfois, nous pensons que ce jugement négatif injuste est vrai et nous tentons d’être meilleurs. Et nous devenons des perfectionnistes.

Les perfectionnistes sont très sensibles au jugement des autres et sont en quête de reconnaissance. Ils ont peu d’amis. Ils peuvent aménager cela en choisissant un travail et en cultivant des hobbies qu’ils peuvent faire seuls. Mais ils se sentent écartés. Parfois dans leur désir d’être reconnu, il déploie une force extraordinaire, montre un courage magnifique et un grand dévouement. Néanmoins, dans un groupe ou une réunion, ils se sentent inconfortables.

Parmi tous mes patients, ce sont eux qui éveillent le plus mon empathie et ma compassion. Tous les perfectionnistes que je rencontre souffrent de stress post-traumatique. Le trauma est fréquemment une violente et injuste critique verbale ou physique venant d’un des parents ou d’un membre de la famille ou d’un rejet du groupe contre l’enfant ou l’adolescent. Cela devient un stress post-traumatique si la victime vit comme juste et vrai le message qui lui est ainsi envoyé. Plus le message est répété et plus la victime est jeune plus le stress post-traumatique sera envahissant.

La bonne nouvelle est que cela peut être traité efficacement par un moyen approuvé par l’Organisation mondiale pour la santé, l’EMDR.

C’est l’histoire de trois hommes, qui après un accident d’avion sont perdus dans l’Alaska sauvage. C’est un film d’action, un bon, qui vous tient absorbé et tendu. L’action révèle chacun de ces hommes, le test de survie qu’ils affrontent les démasque. Et les mots qu’ils prononcent sont aussi importants que les actions.  

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Charles (Anthony Hopkins) est un billionnaire qui travaille beaucoup. Ses employés et sa secrétaire l’apprécient. Il est le mari d’une très jolie femme, mannequin, qu’il aime avec passion et tendresse. Parce que c’est son anniversaire et qu’il veut être avec elle pour ce jour spécial, il l’accompagne dans un voyage qu’elle fait avec son photographe Robert Greene (Alec Baldwin) pour faire des photos d’elle dans le Grand Nord.

Le film commence quand l’avion de Charles atterrit en Alaska et que le petit groupe monte à bord d’un hydravion pour rejoindre un gîte retiré. Le propriétaire du logement dit qu’il y a beaucoup d’ours dans la région et demande à chacun de ne pas laisser de nourriture non recouverte. Bob voit une image d’un Indien et il pense qu’il s’agit d’une photo ancienne. Mais le logeur explique que c’est un de ses amis que lui, a pris la photo, mais que son ami a pris l’ours. Charles tout en regardant des livres pose une question à propos de la photo au logeur qui est surpris par ce qu’il sait à ce sujet. Mickey, l’épouse de Charles, dit qu’il connaît tout et qu’il peut lui poser la question qu’il veut. Le logeur prend alors une pagaie sur laquelle d’un côté, est peinte une panthère et demanda Charles ce qui est peint de l’autre côté. Et Charles répond : « Un lièvre, qui n’est pas effrayé, et fume sa pipe » et c’est vrai. Et il explique que le lièvre n’est pas effrayé parce qu’il est plus intelligent que la panthère. Bob admire ses connaissances, mais il ne répond que c’est juste une manie.(1) « Il semble que je retienne tous les faits, mais que les employer d’une manière utile est un autre problème ».(2)

Chacun rejoint sa chambre. Charles lit le livre sur la survie dans le monde sauvage qu’il a reçu de sa secrétaire. Il essaie de savoir si son épouse a oublié son anniversaire. Mickey lui demande de lui préparer un sandwich. Quand il arrive dans la cuisine, il voit un jambon non recouvert juste à côté d’une porte ouverte. Il regarde soigneusement autour de lui pour être certain qu’un ours n’est pas entré, il va jusqu’à la porte et la ferme. Il termine son sandwich pour retourner dans sa chambre à coucher. Il pousse une porte, quand soudain, Bob déguisé en ours se dresse devant lui. Il tombe. Sa lampe se brise. La lumière revient et tout le groupe est là pour fêter son anniversaire. Ils s’assoient et boivent du champagne. Mickey lui donne une montre de poche, avec quelques mots gravés : « Pour mon mari bien-aimé à l’occasion de son anniversaire, de la part de la femme la plus heureuse du monde ». Bob lui donne un couteau de chasse. Pour respecter une ancienne superstition, que lui rappelle le logeur, Charles donne à Bob une pièce de monnaie, afin que leur amitié ne soit pas coupée.

Le jour suivant, Charles lit et mémorise son livre. En regardant Bob et son épouse, il devine une complicité entre eux qui pourrait être plus que platonique et le rend jaloux. Le logeur, en regardant le livre par-dessus l’épaule de Charles, explique que l’ours Kodiak, quand il a une fois tué un homme devient un chasseur d’hommes pour le reste de sa vie. C’est une honte, dit-il que chacun ne puisse pas venir profiter de la beauté de ces lieux à cause de la distance. Il s’assoit à côté de Charles et ouvre des plans. Il lui montre un projet de développement du lac qui coûterait 30 à 40 millions de dollars Charles l’arrête, se lève et dit : « J’ai cru un moment que vous veniez simplement pour être courtois »(3) et il le laisse là.

Le mannequin masculin de l’équipe de Bob tombe malade. Bob est furieux et décide d’essayer de convaincre l’Indien photogénique, ami du propriétaire du gîte, de poser pour lui. Il décide de voler jusqu’à sa maison. Mickey essaie de convaincre Charles de les accompagner. Le propriétaire du gîte entre, et lance un regard hostile à Charles, qui sans enthousiasme accepte. ( 4)Mais l’Indien n’était pas dans sa cabane et avait laissé une note expliquant où ’il était parti chasser. Ils décident d’aller le retrouver. À côté de la cabane, Charles découvre un piège à ours. Un trou profond, planté de pieux pointus et recouvert d’un camouflage qui cède au poids de l’animal.

Ils retournent donc vers l’hydravion et volent vers le nord. Charles demande a Bob comment il a planifié de le tuer. Avant que Bob puisse répondre, un vol d’oies heurte l’avion, le pilote évite de s’écraser sur les roches et l’avion tombe dans le lac où il coule. Bob défait sa ceinture, voit que le pilote est mort, sort de l’avion et nage vers la plage.

Charles voit que Stephen est prisonnier de sa ceinture, il la coupe. Il empoigne le sac qui contient les alarmes, tire Stéphane hors de l’avion et le traîne avec lui jusqu’à la plage. (5)

Ils allument un feu pour réchauffer Stephen qui était à moitié noyé et pour sécher leurs vêtements. Fatigués, ils tombent endormis.

Le matin suivant, Charles propose de faire un grand feu pour signaler leur présence aux sauveurs. (6) Bob sort un papier de sa poche, c’est la note que l’Indien avait laissée sur sa porte pour expliquer où il était parti chasser. Les sauveurs n’ont aucune information pour les découvrir. Ils doivent donc retrouver leur chemin et marcher vers le sud.

La montre de Charles était cassée, celle de Stephen était perdue et Bob dit que la sienne est arrêtée. Ils sont incapables d’employer l’heure et la place du soleil pour situer le sud. Charles décide donc de faire une boussole (7) comme il a appris dans son livre. Il magnétise une aiguille, la dépose sur une feuille qui flotte sur l’eau. Surpris, ils voient l’aiguille bouger et donner la direction du nord et ils prennent la route.

Après une marche difficile, ils trouvent de l’eau et s’assoient. Stéphane s’éloigne un peu. Bob demande à Charles pourquoi il croit qu’il veut le tuer. Charles répond : « pour ma femme ». Bob lui demande pourquoi il devrait le tuer pour avoir sa femme. Charles explique : « pour avoir l’argent ».

Ils continuent leur chemin. Ils entendent un bruit étrange et profond. Il regardant la direction d’où vient ce son et soudain il voit un grand ours grogner. Ils  s’encourent. Mais un torrent de montagnes les arrête. Charles repère un tronc qu’ils peuvent soulever et pousser pour l’employer comme une passerelle.( 8) Stephen passe le premier rapidement. Lui et Charles tienne tronc en place pour Bob. Charles entame sa progression sur la passerelle, mais l’ours est très près de lui et secoue le tronc. Charles tombe et s’accroche à une branche, mais le tronc tombe. Stéphen et Bob courent, arrivent à côté de l’eau et saisissent Charles par ses bras.

Ils partent à nouveau. Le chemin est difficile. À court de souffle, ils stoppent un instant. Charles s’en veut parce qu’il a perdu les alarmes. (9) Il se sent injuste, car Bob a sauvé sa vie.(10) Bob lui dit qu’ils ont besoin de lui pour les guider.

Après une longue marche, ils découvrent qu’ils sont revenus à leur point de départ. Charles comprend que l’attache tout qu’il a employé comme aiguille n’a pas bien fonctionné. Ils sont fatigués et affamés. Pour occuper Stephen, Charles lui donne son couteau et lui demande de fabriquer un pieu pointu pour pêcher pendant que lui va allumer un feu. Il encourage Bob. Soudain, ils entendent Stephen appeler au secours. Il s’est blessé lui-même avec le couteau. Charles nettoie la plaie, et prend soin de la jambe de Stephen. (11) Il demande à Bob d’enterrer les tissus tachés de sang et de préparer un feu. Stephen dit que Charles est quelqu’un de bien et qu’il est vraiment attentionné. Charles est touché.(12) il lui montre la constellation « Cassiopeia » et lui explique comment elles pointent vers la direction du nord. Pendant la nuit, il pleut et il y a du tonnerre, ils n’arrivent pas à dormir. Charles trouve que leurs chances de se sauver sont meilleures. Mais soudain, il voit les tissus, qu’il avait demandé à Bob d’enterrer, pendre dans un arbre. Bob ne comprend pas pourquoi c’est important. Charles explique que les tissus mettent dans l’air le parfum du sang. Il finit à peine sa phrase, quand soudain, l’ours attaque Stephen, qui est incapable de courir. Charles combat l’ours avec une branche en feu.(13) Bob lui crie : « Reviens ! ». Charles tombe et Bob l’aide. Charles est désespéré, mais il n’y a rien à faire d’autre que de s’encourir.(14)

Après la pluie vient la neige. Ils essayent de s’éloigner de l’ours. Quand le temps le permet, ils font un feu et Charles prépare un petit piège pour attraper un petit animal pour avoir quelque chose à manger. Cela marche et ils capturent un écureuil.

Capture.PNG Charles

Charles surveille le moment de fermer son piège sur l’écureuil.

Mais à ce moment, Charles entend le bruit d’un hélicoptère. Ils courent pour trouver une place où le pilote peut les apercevoir. Mais ils ne réussissent pas. Bob est désespéré et Charles l’encourage en lui expliquant qu’il est même possible de faire du feu avec de la glace. Bob est furieux. Il hait Charles pour sa force face à l’adversité. Il envie son pouvoir, son argent, son avion, mais aussi son énergie et son courage. Et même s’il bénéficie de ces qualités, il le déteste, car il se sent humilié.

Ils continuent leur chemin et arrivent dans un endroit où il y a moyen de pêcher. Charles emploie un fils de son pull-over et une partie de la chaîne de sa montre pour faire un hameçon. Et il pêche dans la rivière. (15) Bob fatigué va se reposer et rassembler du bois. Charles reste tranquille. Il regarde autour de lui, en attendant un poisson. Soudain, il voit l’ours, de l’autre côté de la rivière. Il remue doucement, mais quand la bête démarre, il court. Il passe entre les arbres très rapprochés, ce qui rend la poursuite plus difficile pour l’ours. Au dernier instant, il saute dans le milieu d’un amas de branches, ce qui stoppe l’ours. Il rejoint Bob et l’avertit : « L’ours est un tueur d’hommes ! » Ils lancent des buches en feu autour d’eux pour se trouver dans un cercle de feu.

Mais, ils ne peuvent pas rester là et attendre de mourir de faim. Charles dit : « Nous allons tuer l’ours .»(16) Bob pleure et se sent incapable et effrayé. Mais Charles l(encourage. Il lui dit qu’il peut mourir s’il veut, mais que lui il ne va pas mourir, il va tuer l’ours. (17) il lui raconte que des jeunes garçons Massaî tuent des lions avec une lance. Il lui demande de répéter : « Je vais tuer l’ours. » et « Ce qu’un homme sait faire un autre sait le faire  » Bob répète, mais il ne comprend pas comment ils vont attirer l’ours assez près pour le tuer. Charles, avec le couteau qu’il a reçu de Bob coupe dans son pouce, et essuie le sang avec son mouchoir. Il explique qu’ils vont leurrer l’ours avec l’odeur du sang. (18) Ils repèrent une petite île où ils vont l’attirer pour le combat singulier. Ils doivent préparer le piège. Ils marchent lentement avec des torches, posant des lances le long de leur chemin, pour en trouver une à chaque fois qu’ils en auront besoin.

Charles attache son mouchoir à sa lance et attend l’ours. Bob, avec sa lance, est juste derrière lui. Doucement, en grognant, l’ours apparaît. Charles le provoque et puis recule pour le laisser approcher. Ils sont très proches de la bête. Charles l’incite à les attaquer. L’animal sauvage est grand, dangereux et menaçant. De cette manière, ils le conduisent là où ils le désirent. Charles, trop près, est rejeté. Bob en venant à la rescousse est  légèrement blessé. Charles de nouveau attaque le tueur et recule et atteint ainsi la petite île. Il assure son pieu contre une pierre. L’ours se dresse pour s’abattre sur lui, mais il s’empale lui-même sur la lance et tombe mort sur Charles. Bob blessé se redresse. Il voit Charles immobilisé en dessous d’une patte de la bête et a peur qu’il soit blessé ou mort. Il soulève la patte et Charles respire mieux.

Bob mange un dernier morceau rôti de la bête défaite. Charles fait deux colliers décorés d’une grande griffe d’ours. Un pour lui-même et un pour Bob, qui est si heureux qu’il se revêt d’une veste faite de la fourrure de la bête et joue les mannequins.

Charles semble préoccupé et Bob lui demande ce qu’il y a. Il explique que toute sa vie il a souhaité faire quelque chose de non équivoque. (19) Bob dit qu’il pense que sa victoire sur l’ours  remplit cette condition.

Charles fait une nouvelle boussole avec une aiguille de sa montre. Et ils se remettent en marche. Comme ils sont hors de danger, ils ont l’opportunité d’apprécier mieux le paysage. Charles semble se faire une image plus positive de lui-même. (20) Il dit : « Ceci est ma vie » mais il n’est pas sûr qu’il sache changer sa vie, car il ne connaît personne qui soit arrivé à changer sa vie. Mais il a davantage confiance en lui et il dit : « Je vais recommencer ma vie. »(21) Bob sourit et regarde Charles comme si c’était un enfant faisant un rêve.

Leur chemin débouche dans une clairière, ils voient les fondations d’une cabine qui enjambent une petite rivière. Bob court vivement jusqu’à l’entrée. Charles examine autour de lui et découvre un autre piège pour ours. Bob dans la cabane cherche ce qui pourrait être utile, trouve une bouteille de whisky, boit un verre et examine une arme et la charge. Charles rentre et voit une carte et cherche leur chemin. Ils doivent descendre la rivière et ils décident de vérifier si le canoë qu’ils ont aperçu flotte. Il est en ordre. Charles prend de l’eau pour préparer du thé. Bob le regarde s’éloigner avec un regard meurtrier.

Charles retourne à la cabane et essaye d’allumer un feu. Il regarde autour de lui pour trouver un papier pour le démarrer. Mais il n’y a pas un bout de papier à trouver. Finalement, il ouvre la boîte de son couteau pour défroisser un papier, un autre feuillet tombe sur le sol. Il s’agit de la commande pour graver sa montre. Mais sur le même papier, il y a une commande pour une seconde montre. Et il lit : « Pour Bob, de la part de Mickey, pour toutes ces nuits ».

Bob revient, il boit à nouveau, joue avec l’arme, la charge et vise. Il dit à Charles que s’il avait eu sa caméra avec lui il aurait fait sa fortune. Charles lui demande s’il peut voir sa montre et Bob lui répond qu’elle est cassée . « Je sais qu’elle ne marche pas » répond Charles «  mais puis-je simplement la voir ? »  Bop boit davantage de whisky et Charles lui demande s’il ne sait pas le faire en étant sobre ? Tu n’as plus besoin de moi, tu peux trouver ton chemin sans moi.(22) Bob répond qu’il n’avait rien à faire avec cette jeune femme, qu’elle est avec lui seulement pour son argent qu’il n’est rien sinon un gars qui a un avion. Bob boit un dernier verre de whisky, il se lève et dit : « Allons dehors !»

Charles sort calmement et demande : « C’était depuis le début toi et ma femme ? » Bob dit brièvement : « Sortons. » «  Est-ce que c’est une question indélicate ? dit Charles. Bob lui demande : « Pourquoi c’est important pour lui ? » Charles se retourne pour être face à lui et répond qu’il l’ aime. Bob dit qu’il est désolé, mais qu’il est temps. Charles lui dit qu’il n’a pas besoin de faire cela. Mais Bob en colère répond qu’il ne souhaite pas entendre davantage ces propos dépourvus de sens : « Tournes ton dos !  Tu vas mourir avec toute ta fortune .» Charles sent que Bob ne peut pas user de son arme quand ils sont face-à-face. Il avance vers lui et Bob fait un pas en arrière, il perd son équilibre et disparaît dans le piège à ours.

Charles se penchant le regarde. Bob pleure et le supplie. Une pique traverse sa cuisse et il perd beaucoup de sang. Charles descend dans le piège, prend l’arme et vise Bob. Mais il est incapable de le tuer ou de le laisser mourir de faim. (23) Il décharge l’arme, emploie sa ceinture de cuir pour arrêter le sang, retire la pique de la jambe et porte Bob sur son dos pour le sortir du trou et l’emmener jusqu’à la cabane. Il le dépose sur la table et essaye de voir la plaie. Mais quand il ouvre sa ceinture, Bob saigne d’abondance. Il ne sait plus quoi faire et finalement, décide de voyager avec Bob dans le canoë vers le sud.

Bob regardant Charles ramer, dit : « Ca doit être quelque chose d’avoir tant sur les épaules. Chacun attend quelque chose de toi. Chacun dépend de toi. » Charles lui répond qu’il devrait économiser son énergie et qu’il va les emmener sur une plage, allumer un feu pour réchauffer Bob.

Bob, installé près du feu, demande à Charles : « Pourquoi voudrais-tu sauver une merde comme moi ? » «  Disons que c’est pour le challenge. » dit Charles. « Pour l’aspect sportif ? » demande Bob. Charles acquiesce. Bob dit : « Non, je sais ce qu’il en est. Tu n’as jamais eu un ami. C’est cela n’est-ce pas ? » « Oui » répond Charles. « Maintenant je suis ton projet d’élevage. L’homme qui a voulu te tuer. C’est terrifiant. » (24) « Tu ne l’aurais pas fait » affirme Charles. « Si je l’aurais fait » répond Bob.

Charles entend quelque chose, il se lève, regarde autour de lui et revient s’asseoir à côté de Bob. « Qu’est-ce que tu vas faire quand tu seras de retour ? » demande Bob. « Ce n’est pas important. » répond Charles. « C’est important pour moi. » dit Bob. « Je pourrais ne pas retourner. » dit Charles. « Évidemment que tu vas retourner. » dit Bob. « Retourner vers quoi ? » répond Charles.

« Je meurs, et je n’ai jamais rien fait de bien, Charles, je vais te raconter. » Bob prend la main de Charles et dit : « Je suis désolé pour ce que j’ai fait. Et ta femme, Charles, elle n’a jamais eu part à ce projet. Je te le jure sur ma vie. » Charles prend la main de Bob entre les deux siennes. « Merci c’est très gentil à toi de me dire cela, Bob ». Et Bob embarrassé par l’émotion, dit, avec un sourire : « Il n’est jamais trop tard pour un bon geste .»

À ce moment, Charles entend le moteur d’un hélicoptère. Il se dresse, saute, crie, enlève sa jaquette et la fait tourner au-dessus de sa tête pour être vu. Il dépose une branche de sapin sur le feu pour faire de la fumée. Il est anxieux jusqu’à ce que l’hélicoptère tourne vers eux. Heureux, il va vers Bob, mais celui-ci est tombé en avant et sa face est contre la terre. Il prend son pouls, il ne bat plus.

L’hélicoptère le ramène au gîte où sa femme, le staff de Bob et des journalistes l’attendent. Il regarde gentiment Mickey, la prend dans ses bras et dépose la montre de Bob dans sa main.

Une journaliste lui demande ce qui est arrivé à ses compagnons. Il répond, les yeux pleins de larmes : « Ils sont morts en sauvant ma vie. » (25)

 

Notes de bas page.

1/ Cette habileté à mémoriser ce qu’on lit est très utile. Il est injuste de la décrire comme une « manie ».

2/   Il prétend qu’il est incapable d’employer ce qu’il apprend de cette manière. Charles est un billionnaire qui a un grand nombre de décisions à prendre. Il lit des informations, reçoit différents avis de ses collaborateurs et des propositions d’hommes d’affaires. Il est certainement capable de faire usage de ce qu’il lit. Mais il lit sur d’autres sujets aussi et il mémorise les informations. Et il est normal qu’il n’ait pas un usage de toutes ces informations.

Avoir un jugement injuste à propos de soi-même est typique du perfectionniste.

 3 / Un billionnaire a un grand capital. Sa responsabilité est de faire un bon usage de cet argent. Il doit créer des usines et des compagnies qui fabriquent des produits utiles et donnent des services de qualité. Ces compagnies doivent être capables de vendre bien pour donner du travail et de bons salaires aux employés de sorte que ceux-ci pourront devenir des clients pour d’autres sociétés  et par leur demande de biens, créer des emplois. Prendre de bonnes décisions est une grande responsabilité. Charles doit se préserver des solliciteurs et des propositions, il est difficile pour lui de ne jamais être vu comme un homme ordinaire et d’avoir souvent à décevoir.

Il souhaite toujours être irréprochable. Et il se sent coupable face aux personnes qui sont en colère contre lui.

4/5/6/7/8/…./11/…/15/. Charles est attentionné, il est conscient de la situation et des besoins des autres et il agit à bon escient. Il prend les bonnes décisions : il saisit le sac avec les alarmes, il propose d’allumer un feu, de fabriquer une boussole et d’employer un tronc d’arbre comme passerelle. Il met sa vie en danger pour sauver Steffen et en laissant Bob passer devant lui sur le tronc. Et ne demande jamais à quelqu’un d’autre de porter le sac avec les alarmes. Il emploie les informations qu’il trouve dans ses livres. Sa capacité à retenir ce qu’il lit n’est pas une manie.

Ils sont prêts à aider et sont attentionnés, au point de parfois négliger leurs propres intérêts ou leur sécurité.

 9/10  Charles échappe à la noyade grâce à l’aide de Steffen et de Bob.

Charles a un jugement négatif à propos de lui-même et se sent souvent coupable. Les perfectionnistes sont de parfaites victimes pour des manipulateurs. Ceux-ci éveillent leur pitié pour eux-mêmes et les font se sentir coupables.

 12   Stephen remercie Charles d’avoir pris soin de lui et dit qu’il est très attentionné et qu’il est quelqu’un de bien. Charles est touché.

Les perfectionnistes sont très sensibles au jugement des autres et ont un grand besoin de reconnaissance.

13/14  Charles essaye de sauver Stephen de l’ours. Mais c’est impossible, la bête est trop redoutable, c’est suicidaire.

Parfois dans leur désir de reconnaissance il déploie une force extraordinaire et montre un courage magnifique.

 16/17/18   Charles, à nouveau, décide de ce qui doit être fait, tuer l’ours. Il explique son plan, encourage Bob et coupe dans son pouce pour le galvaniser.

Les perfectionnistes désirent toujours agir bien, être à l’abri de tout reproche et essayent de corriger leurs comportements.

19  Charles explique que toute sa vie, il a souhaité faire une action non-équivoque. Le perfectionniste à un jugement négatif injuste à propos de soi et ce jugement est solidement installé et il pense que c’est vrai. Ils essayent de se corriger et donc de trouver une action purement bonne qui pourrait l’apaiser. Mais nos actions ne sont jamais purement bonnes, elles sont toujours susceptibles de plusieurs interprétations. Par exemple, vous êtes un grand chirurgien, vous avez sauvé beaucoup de vies. Cela est bien. Mais c’est peut-être aussi pour gagner de l’argent, par vanité… et ainsi le perfectionniste ne trouve jamais la paix.

 20/21  Il serait raisonnable que Charles trouve qu’il a bien agi pour sauver Bob et lui-même et qu’il est quelqu’un de bien. Mais une idée installée par un trauma résiste à la réalité.

22/ Charles découvre qu’il a agi honnêtement, mais que cela ne change pas Bob

Souvent ils ne reçoivent aucun support.

 23/24  Charles refuse de voir la réalité. Nous apprenons ici quel est le trauma qui le handicape. Il n’a jamais eu d’amis. Si je pense à mes patients, je sais qu’il arrive que des enfants aient été rejetés durant la période de leur vie où nous apprenons comment interagir avec les autres. Je me rappelle une de mes patientes qui, au jardin d’enfants, par mégarde, avait cassé un jouet d’une autre fille qui était une dominante en herbe, car elle était d’un milieu très favorisé par rapport aux autres enfants de la classe. Ma patiente a été rejetée dans cette école jusqu’à ce qu’elle entre à l’université. Une autre portait des lunettes à cause de sa myopie. Ses verres étaient si gros que ses yeux apparaissaient comme collés derrière. Pendant la récréation, les enfants ont fait une ronde autour d’elle, en chantant : « Singe à lunettes ».

Les animaux sociaux dont nous faisons partie ont besoin de se sentir membre du groupe autour d’eux. Durant toute notre histoire, jusqu’à très récemment, nous avons été incapables de survivre isoles. Pendant la préhistoire, quand nous étions des chasseurs-cueilleurs, une jeune mère n’aurait pas pu survivre avec son bébé. Il fallait un homme et une famille pour qu’elle puisse amener le bébé à l’âge adulte, simplement pour l’aider à réunir suffisamment de nourriture et le protéger des prédateurs. La peur du rejet nous habite encore. Être rejeté c’était être en danger de mort. Quand nous sommes rejetés, parfois, nous prenons cette attitude négatif injuste comme si elle était un jugement pertinent et nous essayons de nous améliorer. Et nous devenons des perfectionnistes.

 25  Ils sont morts en me sauvant la vie. C’est difficile de comprendre ce qu’il veut dire. Car il est clair que ni Stéphane ni Bob ne se sont sacrifiés pour lui. Mais ce voyage lui a peut-être appris à avoir un jugement plus juste à propos de lui-même. « Ils sont morts en me sauvant la vie » semblent dire qu’ils se seraient sacrifiés pour lui et  qu’il sauve les apparences. Certains de mes patients endurent des compagnons horribles pour ne pas être étiquetés « seuls ».  

 

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